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16.7.10

Idée reçue numéro 4

Un "raisonnement" très stupide que vous servent souvent les collectivistes, je le rencontre presque aussi fréquemment que le baratin devenu presque chaine de lettres (pleins de blogs de bas niveau le reprennent), évoqué dans l'idée reçue numéro 3, à propos de nos méchants-gouvernants-qui-font-tout-pour-couler-la-Sécu (que le monde nous envie).
Accrochez-vous un peu, voici la chose :
Personne ne choisit d'être malade.
Donc il faut une Sécurité sociale pour tous.
Et ça veut dire quoi ? que c'est gratuit pour tout le monde ? Mais alors qui paye ? C'est le genre d'assertion collectiviste vague du même tonneau que "la Sécu nous appartient" (l'imbécile qui dit cela oublie que c'est surtout à lui qu'il "appartient" de payer pour perpétuer l'illusion collectiviste).

Bel exemple de sophisme "non sequitur", mais la vie du collectiviste en est abondamment remplie. Ne croyez pas que cela vienne de personnes très bêtes sorties fraiches et moulues de l'EducNat franchouillarde zombifiante. Voyez monsieur Jorion qui nous explique que la décadence vient de l'individualisme, et cite le prétotalitaire Hegel, qui défend contre les individus "l’existence de l’État comme entité supérieure par rapport à laquelle leur vie s’organise dans un cadre plus large que celui de leurs préoccupations immédiates". Autre sophisme "non sequitur" réfuté en son temps par Nietzsche ! Je cite ce dernier : L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: "Moi, l'État, je suis le Peuple." Car c'est l'Etat, à la fois irrationnel et démesurément puissant (surtout depuis qu'il est devenu Etat-providence), qui incarne la décadence, et non pas l'intérêt particulier. L'empire romain avant sa chute, c'était cela, un Etat-providence (et un enfer fiscal, car l'un ne va pas sans l'autre). Finalement, Bastiat est un optimiste quand il se contente de dire "L'État, c'est la grande fiction...", car il y a des fictions inoffensives !

Quelques variations sur le modèle : personne ne choisit de ..., donc il faut ...

Personne ne choisit d'être pauvre. Donc il faut ponctionner à mon profit ceux qui sont moins pauvres que moi. (Et que fera-t-on s'ils deviennent plus pauvres que moi ? Instaurer un "pauvre de service" comme Jesse James dans Lucky Luke ?)

Personne ne choisit d'être moche. Donc il faut... ? Mettre une taxe sur les beaux ? Les défigurer à vie pour combattre les inégalités que la Nature instaure ?

Personne ne choisit d'être bête. Donc il faut... ? Sur le coup je n'ai pas d'idée. Mais peut-être suis-je bête, et peut-être l'Etat va-t-il trouver une solution à ma place ? Ah, que ferait-on sans lui !

7.7.10

Un message et une réponse : solidarité, assistanat et étatisme

Voici ce que Francine m'écrit :
Bonjour,

Bien que je ne partage pas vos motivations qui ne reflètent qu'un certain déni de la réalité (on ne choisit pas de naitre malade par exemple avec une cuillère en argent dans la bouche), même si vous usez de ressorts juridiques érigeant en valeur suprême la liberté comme si "elle" pouvait vraiment exister pleinement. Je viens tout de même apporter non pas mon soutien, mais quelques réflexions voire quelques arguments allant dans votre sens.

Je suis née avec une maladie rare trop rare, inutile comme toutes les maladies. Depuis mes premiers mois de naissance j'ai dû fréquenter assidument les hôpitaux, vu tout un tas de "charlatans" et quelques médecins dans le sens le plus noble du terme (heureusement).

Aujourd'hui étant malade de plus belle, je me dis que la "solidarité" a parfois de sérieux loupés, de sérieux non sens. A quoi sert-elle aujourd'hui cette solidarité s'exprimant à travers la sécurité sociale notamment ?

Vivre entre pitié, mépris, et honte ? Le moins douloureux est encore de ne pas vivre. Mais les médecins (gracieusement payés par la sécu majoritairement) font l'autruche pour de l'argent. Disent qu'ils soignent mais dans certaines pathologies c'est peine perdue et ils le savent mais leur intérêt n'est pas de vous le dire. J'en veux à ces médecins qui vous obligent à errer enfant dans leur cabinet, font mine de vous soigner, vous obligent à vivre aux noms de grands idéaux humanistes -ou pas. Car je pense que les efforts déployés lorsque j'étais enfant, et qui ne sont plus là une fois qu'ils sont nécessaires lorsqu'il faut commencer à s'imaginer un avenir, ces efforts ont été motivés pour la plupart uniquement par l'argent. Je ne peux me l'expliquer autrement.

Je regrette d'avoir toutes ces années bénéficié de la sécurité sociale (et encore aujourd'hui) pour qu'aujourd'hui ma vie ressemble à une impasse ; je ne veux plus avancer, je n'ai aucun avenir et celui que l'on me proposait est encore plus humiliant. La vie n'est pour moi qu'une douloureuse expérience qui aurait pu être évitée, ma vie est un crève-cœur.

Je me souviens des écrits d'Albert Jacquard prônant le droit à la différence, prônant l'idée qu'une nation riche est une nation s'occupant de ses plus faibles sujets, de ses plus mal-nés. C'est beau, c'est vibrant, mais il n'a pas perçu que ces beaux sentiments avaient des limites. L'enfant puis plus tard l'adulte différent, n'éprouvent aucun réconfort dans la bonté humaine que d'autres lui servent. On ne vit pas pour exister, pour avoir la chance de respirer, on vit pour vivre et sans limite, on vit pour le bonheur le meilleur. Je meurs un plus chaque instant lorsque je contemple tout ce qui m'est inaccessible, tout ce que je ne peux pas oser. Une simple envie de courir, réfrénée par mon incapacité, l'envie d'aimer ne surtout pas y penser...

Il est cruel de faire aimer à un enfant la vie, dont il constatera plus tard qu'elle ne lui est pas permise dans sa dimension pleine entière. Un peu comme faire aimer la musique à un enfant dont on sait qu'il deviendra sourd. Je trouve cela cruel, bien plus cruel que de n'avoir jamais existé. Voilà ce qu'à permis cette solidarité, me montrer enfant ce à quoi je ne pourrai jamais accéder.

Alors sur ces motifs, même si VOS motivations sont un déni incroyable d'humanité, de réalité -je n'ai grand dieu pas choisi, souhaité naitre d'une part, et encore moins ainsi- je vous rejoins dans le fait et non sur le fond.

En l'absence de sécurité sociale, je n'aurai pas pu bénéficier de traitement, de soins, les enfants nés avec les pires pathologies ne vivraient peut être pas, mais est-ce si inhumain de refuser à une vie compromise d'avance, de se poursuivre dans la douleur, et la peine ? Même si la devise de l'Homme est Souffrir plutôt que mourir, mais à quoi bon souffrir puisqu'un jour nous mourrons tous ? La vie doit être belle, douce et heureuse car elle est aussi futile, inutile que les meilleurs exemples de matérialisme.

Les anti IVG sont particulièrement hypocrites, ils sacralisent la conception, la naissance, et ils oublient l'essentiel : la vie . Au lieu d'œuvrer pour la vie future, ils feraient mieux de travailler à la vie présente meilleure, un monde idéal même s'il ne peut être qu'un idéal.

La solidarité c'est permettre à chacun d'avoir une place dans la société, ni par pitié ni par exploitation. Or vu le marasme dans lequel je me trouve, je vis bien de la solidarité mais je ne la ressens absolument pas comme un élan d'humanisme. Mais plus comme de l'hypocrisie, de la part de personnes qui n'ont pas le courage de leurs opinions.

Sur l'accusation facile d'égoïsme, j'y ai déjà répondu dans le passé : quelle égoïste je suis, et Faraj Chemsi (qui a quitté la SS depuis des années) a traité aussi de ce sujet à sa façon : le dentiste est un égoïste. Mais je ne demande qu'à en reparler !

Supposez que je vois un mendiant assis sur le trottoir qui semble vraiment en mauvais point (il n'a rien mangé depuis longtemps). N'écoutant que mon bon cœur, je vais voler un pain à la boulangerie pour le lui donner  ! Ai-je fait preuve de solidarité ? Et si le boulanger me rattrape à temps et m'arrache le pain volé, fait-il preuve d'égoïsme ? Il me semble que les réponses sont claires. Si j'avais vraiment voulu faire preuve de solidarité, j'aurais payé le pain avant de le donner au mendiant.

Mais maintenant, que fait l'État pour instaurer la "solidarité" ? Exactement ce que fait le voleur de pain ! Ce qui semble immoral quand c'est un voleur de pain qui le pratique est bizarrement très moral quand c'est l'État qui le fait - qui plus est à une bien plus grande échelle, et en outre pour des résultats assez lamentables. Ce que l'État appelle "solidarité" consiste à voler les uns au bénéfice des autres. Rien d'étonnant à ce que, d'un côté, les uns regimbent et cherchent à tout prix à échapper à cette "solidarité" forcée, et d'un autre côté que ceux qui sont ainsi assistés voient ça comme un dû de la société, ou s'ils ont plus de sensibilité (ce qui est le cas de Francine) ressentent cela "absolument pas comme un élan d'humanisme". Francine s'interroge à juste titre sur "cette solidarité s'exprimant à travers la sécurité sociale" justement parce qu'en fait ce n'est pas de la solidarité !

La vraie solidarité ne peut être que volontaire, en aucun cas cela ne peut être de la redistribution forcée comme la pratique l'État. "L'État (ou le socialiste, cela revient au même) promet la solidarité comme la prostituée promet l'amour" a dit un libertarien. L'État joue tantôt au bon samaritain, tantôt à l'assureur, pour des résultats douteux. Le pire est qu'il instaure une espèce de monopole de l'assistanat et de la solidarité, ce qui fait que les gens croient qu'il est indispensable dans ce rôle, et n'imaginent même pas que d'autres organisations pourraient exister (et existent déjà : mutualisme, assurance, solidarité privée, etc) et sont beaucoup plus efficaces tout en restant "morales", à l'inverse du spoliateur étatique. Quelques lectures à ce sujet : sur la "question sociale" et les plus faibles, la solidarité pour les libéraux.

Alors comment faire pour ceux "qui ne choisissent pas de naître malades" ? Qui voudrait s'occuper d'eux si l'État n'était pas là ? Si l'État n'existait pas, la société civile accoucherait de mécanismes d'assistance au moins aussi performants. Pour ceux qui naissent avec des maladies rares, une simple assurance prénatale (peu coûteuse car le risque est peu courant) suffirait (d'ailleurs ça existe déjà). Le mutualisme et la solidarité privée pourvoiraient au reste, leur action n'étant plus stérilisée par l'État. La seule utilité de l'État, c'est ce qu'on appelle le "monopole de la violence légitime" ; dès qu'il essaie de faire autre chose, non seulement il est immoral, mais de plus il est inefficace (en réalité son inefficacité découle directement de son immoralité, mais les politiciens sont experts pour cacher cela et faire croire que leur action est utile, voire indispensable).

Quant aux médecins, ni "gracieusement" ni "grassement" payés par la Sécurité sociale, il y en a de toutes sortes, des compétents et des incompétents, des salariés et des "à leur compte", des conventionnés et des "honoraires libres" (même si le milieu est déjà bien soviétisé lui aussi). La mauvaise médecine là aussi est causée par l'État, qui impose par exemple des coûts de consultations sans rapport avec la réalité (un coiffeur ou un plombier se font davantage payer qu'un médecin conventionné !) - les médecins me semblent donc difficilement motivés par l'argent ! Par ailleurs, il n'y a rien de mal à être motivé par l'argent : c'est moins immoral, si on fait bien son métier, que de se réclamer de la solidarité et de pratiquer la spoliation. Et enfin, la tradition médicale, avant qu'une bonne partie des médecins ne soient transformés en fonctionnaires par la Sécu, comportait une certaine solidarité (le serment d'Hippocrate exige que le praticien dispense ses soins à tous ceux qui en ont besoin, y compris aux nécessiteux). Le médecin (le patient aussi) est le bouc émissaire facile de tous ceux qui veulent cacher les horreurs intrinsèques de la SS collectiviste à la française.

A lire aussi, tous les billets que j'ai écrits sur les idées reçues concernant la SS.

La liberté, valeur suprême des libertariens ? Oui, chacun devrait être parfaitement libre tant qu’il ne nuit pas aux autres (principe de non-agression). Cela signifie-t-il que dans une société libérale certains soient libres de s’épanouir et d’autres libres de mourir dans leur coin ? Heureusement non (avant 1945 et l'instauration de la spoliation sociale il y avait déjà toute une "sécurité sociale" privée en place, qui marchait très bien avant qu'on la collectivise). Cela ne veut pas dire non plus qu’on puisse asservir une partie de la population au bénéfice d’une autre sous un prétexte de "solidarité" - prétexte qui ne sert qu'à faire vivre des parasites étatiques et des politiciens inutiles.

22.5.10

Escrocs de tous les pays, unissez-vous !

Quelque part aux Etats-Unis, en 1920, dans un tribunal :

- Le juge : Votre seule activité était d'encaisser de l'argent, d'émettre un reçu, puis de redistribuer ce même argent trois mois plus tard avec un intérêt ?
- Le prévenu, Charles Ponzi : Oui, monsieur.

Tiré de "Profession escroc" de Michel Turin.

J'imagine Pierre Laroque, "père fondateur " de la Sécurité sociale, devant un tribunal de ce genre, en 1945, interrogé par un juge qui a de sérieux doutes sur ses intentions.

- Votre projet est bien d'encaisser de l'argent, arbitrairement soutiré de force à des assujettis (à la différence des victimes de Ponzi, qui venaient le voir de leur plein gré), puis de redistribuer ce même argent plus tard, sans intérêt, mais de façon tout aussi arbitraire et en fonction de ce que vous aurez en caisse à cet instant ?

- Oui, monsieur. Mais remarquez qu'à la différence de Ponzi, qui était un escroc avéré, je ne garde rien pour moi. Le but n'est pas de m'enrichir, ni d'enrichir non plus cette "Sécurité sociale" que je préconise. Tout cela est fait avec des intentions nobles, puisque c'est sans but lucratif.

- Sauf que ce système a un coût, et que vous êtes bien forcé de vous servir sur l'argent soutiré pour régler ce coût.

- Mais c'est aussi ce que font les compagnies d'assurance. Mon système est une espèce d'assurance, meilleure encore que l'assurance privée, puisqu'elle prétend à l'universalité.

- Sauf qu'une assurance digne de ce nom tient compte du risque qu'elle entend couvrir et s'engage par contrat avec des clients consentants, ce que votre système ne fait absolument pas, puisqu'il est régi par l'arbitraire et que son seul but semble de faire payer de force les "riches" au profit des "moins riches".

- C'est tout le principe du mutualisme, non ?

- Sauf que le mutualisme repose sur le consentement des mutualistes, alors que dans votre système tout marche par la coercition. Finalement, qu'est-ce qui le différencie réellement d'une escroquerie telle que celle de Ponzi ?

- Mais monsieur le Juge, il suffit de décider que c'est légal et obligatoire, ainsi ça ne pourra pas être une escroquerie !

- Le résultat sera le même. Je condamne donc votre projet au nom du droit ! Un pays qui l'adopterait finirait un jour dans la banqueroute et la misère. Allez le proposer à ces nations en esclavage, loin, là-bas, à l'Est...

24.4.10

SECU + TROP = PROCUSTE

(Librement adapté de Le Lit de Procuste)

Le bandit Procuste est associé au lit de torture dont il se servait pour supplicier les pauvres voyageurs tombés entre ses griffes. Procuste installait sa future victime sur un lit à dimensions variables: court pour les grands et long pour les petits. Selon le cas, il tranchait d'un coup d'épée ce qui dépassait du lit ou allongeait le corps du voyageur jusqu'à amener la longueur du malheureux à celle du lit, en utilisant un mécanisme qu'Héphaïstos lui avait fabriqué. Dans les deux cas le supplice était effroyable. Thésée éventa le piège et se mit dans le lit en biais. Lorsque Procuste vint ajuster le corps de Thésée, il ne comprit pas immédiatement la situation et resta perplexe le temps pour Thésée de sectionner, d'un coup d'épée, le brigand en deux parties égales.


Le lit de Procuste antériorise de manière brutale l'image chrétienne "d'abaisser les grands et d'élever les petits". Il est aussi synonyme de la mauvaise foi de ceux qui, nantis d'un pouvoir discrétionnaire, ont toujours raison par définition et qui exercent, au nom de leur autorité, sur leurs assujettis, des nuisances jusqu'à et y compris la limite maximum que la société leur octroie. La solution trouvée par Thésée nous invite à ne jamais nous placer en porte-à-faux vis-à-vis de ces représentants implacables des appareils judiciaire, policier, administratif, fiscal en un mot des entités coercitives susceptibles de nous faire subir sans indulgence leurs petites tracasseries. Cela va de la charmante contractuelle qui inflige une contravention pour dépassement de temps de stationnement au juge intègre et strict qui applique à la lettre, sans miséricorde possible, les termes vengeurs du code pénal, en passant par l'agent du fisc qui poursuit de sa hargne le contribuable pour un oubli de déclarer un revenu de quelques centaines de francs ou encore par les grévistes des services publics qui, de par leurs positions stratégiques, paralysent les usagers nourriciers, sans parler de ces cohortes de parasites qui harcèlent leurs administrés sur des points de détail. Le fait d'avoir tranché en deux le corps de Procuste signifie symboliquement que, pour neutraliser une entité coercitive, il suffit de la mettre en contradiction avec elle-même en divisant ses propres principes.

Nous pourrions proposer une autre interprétation plus générale du mythe de Procuste. Par exemple le lit représenterait le symbole du politiquement correct, de la société officielle soutenue par ses défenseurs patentés, de l'establishment des bien-pensants ; en un mot de la "normalité" qu'une infime minorité agissante de forbans réussit à faire admettre ou à imposer à l'ensemble des gogos passifs. Tant que l'on se soumet à l'ordre fixé, en apparence, arbitrairement, c'est à dire payer régulièrement ses impôts (dont sont étrangement dispensés de vérifications compromettantes ceux-là même qui les votent ou qui en croquent impunément une partie de par leurs fonctions officielles), accepter sans protester les bourdes ou malversations des gouvernants, commises avec bonne conscience au nom de la République, on ne court pas le risque d'un ajustement à la Procuste. Mais, à l'opposé, qu'on se mêle de dénoncer les scandales trop voyants, de condamner les manquements aux règles élémentaires de la démocratie, et alors on se voit appliquer le mécanisme d'Héphaïstos, c'est-à-dire entrer dans le rang.

Les personnes chargées d'appliquer la règle de Procuste, sont d'ailleurs à l'image du fripon mythique : sans état d'âme particulier et avec la conviction du devoir accompli. Sous la Terreur robespierriste, le bourreau Sanson ne se posait aucune question lorsqu'il raccourcissait indifféremment une canaille politique, une innocente jeune noble ou un esprit brillant. Le grand mécanisme était bien huilé et fonctionnait de manière systématique. Il ne serait venu à l'idée de personne de jouer les Thésée en coupant en deux le bourreau lui-même ; il valait mieux décapiter le pourvoyeur en chef. Robespierre n'est pas tombé parce qu'il apparaissait comme un féroce sanguinaire, puisque la populace venait assister dans l'allégresse aux exécutions capitales, mais simplement parce qu'il osa s'attaquer à la propriété privée en voulant supprimer le concept d'héritage. Chose que les nouveaux nantis n'auraient su admettre et qui fit chuter l'Incorruptible. Ce dernier, surpris, à l'instar de Procuste face à Thésée, par l'attaque en biais d'un discours orageux, n'eut pas le temps de mettre en œuvre, contre ses opposants, le mécanisme dégoulinant et fut à son tour coupé en deux.

Plus près de nous, lorsque en août 1961, dans une sorte de cauchemar kafkaïen, le pseudo gouvernement officiel d'Allemagne de l'Est décida d'entourer Berlin-ouest d'un mur de séparation, aucun Thésée n'osa se dresser, sinon en parole, devant les ouvriers qui, consciencieusement commençaient à installer les fils de fer barbelés. Avec le recul, on sait aujourd'hui que l'envoi d'une seule chenillette aurait suffi à écraser les barbelés et à faire renoncer aux petits Procuste de Pankow, surpris par une telle initiative intelligente, à continuer bien gentiment leurs travaux de maçonnerie. Quant aux Héphaïstos soviétiques, coupables en arrière plan de l'érection du mur, auraient eu la malhonnêteté de prétendre qu'ils n'étaient en rien responsables des décisions de leur protégé Walter Ulbricht. Pas plus que les nazis n'étaient responsables de la rafle du Vel' d'Hiv, puisque les opérations, depuis la conduite des autobus jusqu'à la déportation finale, avaient été menées par des Procuste français sans que des homologues théséens ne se manifestent pour empêcher le grand mécanisme, décidé par un chef suprême, décati et gâteux.

La mythologie nous enseigne qu'il faut éviter de tomber entre les griffes de Procuste de manière à ne pas en subir le test ; mais si on se retrouve dans le lit fatal, il convient de louvoyer, de finasser et en définitive de contre-attaquer très vite après avoir surpris le fripon. Pendant l'Occupation allemande, quelques sages ont réussi à mettre des distances avec le régime pétainiste, avant de contribuer à le faire chuter en aidant discrètement les forces de Libération. Certains ont même été récompensés et le sont toujours pour avoir adopté l'attitude avisée de Thésée face aux petits Procuste de la Collaboration. Il est vrai qu'avec le recul de l'Histoire, il semble facile de savoir ce qu'on aurait fait, bien qu'en suivant les enseignements de la mythologie grecque il eût semblé plus commode de marcher dans un sillon tracé il y a plus de 25 siècles.

Aucune religion, aucune secte, aucune croyance ne saurait mettre en avant des principes qui ne s'autodétruiraient sui generis. Je m'explique. Si un ordre établi quelconque émet un concept ou un principe, c'est un jeu d'enfant de trouver le principe contraire, exprimé par le même ordre, pour entrer en conflit avec le principe initial. (…) Même l'Etat républicain, malgré son petit nombre d'imperfections, n'est pas à l'abri de contradictions souvent cocasses. Par exemple, alors que la prostitution et le racolage sont formellement interdits par la loi, on ne comprend pas pourquoi certains agents du fisc réclament des impôts aux femmes vivant de leurs charmes et n'hésitent pas à faire le pied de grue pour compter, carnet et crayon à la main, le nombre de passes qu'elles réalisent à la semaine. On entend un Ministre de la Justice affirmer, le cœur sur la main, que le système pénitentiaire français est à l'abri de l'homosexualité, tandis que son collègue de la Santé, lors de l'apparition du sida, fait distribuer des préservatifs aux pensionnaires des prisons. Ce fut en connaissance de cause qu'un trio ministériel accepta que l'on prélevât du sang contaminé sur ces derniers en prétendant qu'ils contribueraient ainsi à une œuvre valorisante. Sancta simplicitas !

On vient de voir combien le mythe de Procuste est fertile aussi bien par sa simplicité de présentation que par les nombreuses interprétations auxquelles il donne lieu. Les multiples transpositions que l'on y décèle ne sont pas limitées en nombre et peuvent sans difficulté s'appliquer à d'autres domaines où les relations humaines sont sujet à des antagonismes qui opposent la mauvaise foi au bon droit, la filouterie à l'honnêteté, la grossièreté à la finesse, la bonne conscience à la remise en cause, l'inflexibilité à la modération etc.

29.3.10

Le président et le premier ministre

Le président : Bonjour, monsieur le premier ministre ! Asseyez-vous, je vous prie. Comment va votre épouse ?

Le premier ministre (embarrassé): A merveille, je vous remercie.

Le président : Tant mieux ! Je voulais vous voir depuis longtemps. Il m’est venu une idée…

Le premier ministre (radieux): Une idée ? Oh, c’est formidable !

Le président : En fait, c’est plus qu’une idée. J’y ai bien réfléchi, et je suis persuadé que vous êtes l’homme qu’il faut pour la mener à bien. Il y a beaucoup d’organismes, d’institutions et d’administrations qui relèvent de votre autorité, n’est-ce pas ?

Le premier ministre : Tout à fait. Et je suppose qu’il s’agit de créer une nouvelle institution ? Une nouvelle Haute Autorité ou un nouveau Haut Comité ? Je suis votre homme !

Le président : Ah non, il s’agit plutôt de supprimer une institution.

Le premier ministre (interloqué): Supprimer ?

Le président : Oui, c’est très simple. Je veux simplement abolir les économistes.

Le premier ministre (bouche-bée) : Abolir les économistes ?

Le président : Oui, et je voudrais faire ça assez vite.

Le premier ministre : Tous les économistes ?

Le président : Oui, tous ! Angela m’a envoyé l'autre jour un livre d’un certain Hayek, un Autrichien, et ça m’a bien remis les idées en place à propos des économistes.

Le premier ministre : Hayek ? Le père de l’actrice mexicaine, ou celui qui a inventé la Swatch ?

Le président : Je n’en sais rien, vous savez, à part Paris Match, je ne lis pas trop, et j’ai eu mon bac de justesse. Toujours est-il qu’on n’a pas besoin d’économistes. Ils ne sont jamais d’accord entre eux. Ils passent leur temps à nous bourrer le crâne d’idées bizarres, du genre : plus on dépense, plus on s’enrichit.

Le premier ministre : Vous croyez vraiment qu’on peut se passer d’eux ?

Le président : Ils nous font perdre notre temps, c’est flagrant. Regardez, ça fait plus de trente ans que la France est en crise et aucun ne nous a jamais fourni de solution valable. Ne vous tracassez pas, si ça tourne mal, ça retombera sur moi, vous ne serez pas le fusible. J’en prends personnellement la responsabilité, je vous en réponds. Et si ça se passe bien, tout le bénéfice sera pour vous, puisqu’on aura économisé des ressources inutiles ou mal employées.

Le premier ministre (indigné) : Des ressources ? Mais il s’agit d’économistes, pas d’autoroutes ou d’usines !

Le président : Il s’agissait d’économistes. Puisqu’on va s’en débarrasser. Bon, alors c’est d’accord ? J’attends votre plan d’abolition pour demain. Il vous faudra annoncer ça assez vite, avant qu’il y ait des fuites dans les médias.

Le premier ministre (résigné) : Très bien. Va pour demain.

Le président : Allez-y, vous avez carte blanche. Au fait, rappelez-moi quels sont vos diplômes…

Le premier ministre : Mes diplômes ?

Le président : Oui, je sais que vous n’avez pas fait l’ENA, tout comme moi, et c’est tout à votre honneur. Mais vous devez bien avoir quelques diplômes, quand même ? On m’a dit que vous en aviez deux, au moins.

Le premier ministre : Oui, un DEA de droit public, et...

Le président : Et... c’est tout ?

Le premier ministre : Oh, une toute petite licence d’économie, que j’avais passée pour me distraire… D’ailleurs ça ne figure même pas dans mon CV officiel.

Le président : Excellent ! Alors vous savez par où commencer dans ce boulot d’abolition que je vous ai confié ?

Le premier ministre (d’une voix blanche) : Oui, monsieur le président.

Le président : Au revoir, monsieur le..., monsieur Fillon.
_____

Librement adapté de Margaret Thatcher, script pour la série "Yes Minister".

10.9.09

Bitur-Camember et Nasr Eddin Hodja

Moi aussi, bille en tête et sans désemparer, je vais contribuer à la théorie libertarienne en proposant la variante Nasr Eddin Hodja de la loi de Bitur-Camember. Ce qui me l'a inspiré est la réception du document suivant, très érudit et fouillé : Pourquoi pas "Bitur-Camember?"‏, et aussi mes lectures de vacances : Les aventures de l'incomparable Nasr Eddin Hodja.

Nasr Eddin Hodja est un personnage mythique, à la fois ingénu et faux-naïf, toujours quelque part entre l'idiot du village et le génie méconnu, une espèce de sapeur Camember oriental qui aurait quitté l'armée en n'ayant pas toute sa tête. Ses histoires, si l'on veut bien ne pas tenir compte de l'environnement moyen-oriental et de l'inspiration soufie, rappellent certains récits zen. Ainsi Nasr Eddin Hodja assure ne pas monter son âne à l'envers, il l'a monté comme d'habitude du pied droit, mais en fait il est tombé sur un animal qui est gaucher. Quand il perd un objet, il va le chercher là où il y a de la lumière, même s'il sait que l'objet ne s'y trouve pas. Il ne comprend pas qu'un chat vole une volaille en oubliant également de voler la recette pour l'apprêter. Il court après le son de sa voix pour savoir jusqu'où elle porte. Quand il prétend ressusciter les morts et que le sultan veut le mettre à l'épreuve, il propose de décapiter ce dernier pour prouver ses dires. Ses saillies d'absurdiste peuvent être souvent transposées à la politique. Ainsi, le récit suivant, qui donne le dernier mot au politicien, plus subtilement que Christophe avec le borné sergent Bitur, qui lui, ne sait manier que le bâton et n'a pas appris l'art de l'enfumage avec l'incomparable Nasr Eddin.
Un plan mûrement réfléchi
Nasr Eddin creuse un trou profond dans son jardin, qu'il comble ensuite de pierres. Un voisin le voit faire et l'interpelle ironiquement :
- Hé, Hodja ! C'est très bien à toi de faire disparaître les pierres, mais que vas-tu faire de la terre que tu as retirée ?
- Rien de plus simple, répond Nasr Eddin : je la mettrai dans un autre trou, que j'aurai creusé après celui-ci.
- Très ingénieux, Nasr Eddin ! Mais dis-moi, la terre que tu auras retirée du deuxième trou, qu'en feras-tu ? La mettras-tu dans un troisième ?
- Allons, laisse-moi tranquille maintenant. Je n'ai pas le temps de t'expliquer mon plan dans tous les détails.

Il fait bien : le diable n'est-il pas dans les détails ? Surtout quand les "détails" sont aussi gros qu'un Trou de la Sécu dans le budget d'un ministère du Déficit !

Ainsi, à la loi de Bitur-Camember : "la redistribution politique détruit en tendance une richesse équivalente à celle qu'elle vole", j'ajoute le corollaire de Nasr Eddin Hodja : "l'art de la politique consiste à masquer la destruction de richesse par l'enfumage des victimes".

17.4.08

Etude de cas libertarienne

L'intérêt du libertarisme comme théorie éthique et politique est qu'il permet de trancher la plupart des conflits entre personnes sur la base unique du principe de non agression, de la propriété de soi-même et du critère de consentement.

Prenons au hasard un fait divers (j'aurais pu aussi bien choisir les projets idiots du gouvernement sur l'anorexie, les OGM, les atteintes continuelles à la liberté d'expression dans ce pays, etc).
DISCRIMINATION.
Privé d'un jeu télé parce qu'il s'appelle Islam

mercredi 16 avril 2008 | Le Parisien

Il était en lice pour participer au jeu « In ze boîte » de la chaîne Gulli. Mais il a été recalé à cause de son prénom, jugé trop religieux. Les parents d'Islam, 9 ans, ont décidé de porter plainte. Fadela Amara se dit scandalisée par cette affaire.
(...)
Une dame nous a dit : Il y a un problème, votre fils ne peut pas garder son prénom. S'appeler Islam, pour un garçon, c'est comme porter un voile pour une fille. Son collègue a ajouté qu'il représentait une religion qui n'est pas aimée par les Français.
Le point de vue libertarien est facile à établir. Il est crucial de distinguer entre l'aspect éthique et l'aspect juridique. Les plus grandes injustices se produisent quand on confond les deux, une éthique arbitraire s'imposant abusivement au nom de principes discutables appliqués sans discernement par l'Etat.

Premier point de vue : l'aspect éthique. Il s'agit bien dans le cas qui nous occupe d'une discrimination, et ce n'est pas forcément très intelligent ni très moral de la part de la chaîne Gulli (notons au passage le jugement idiot de type collectiviste "les Français n'aiment pas cette religion"). Mais l'aspect éthique est toujours subjectif. Dans certains pays musulmans, ce pourrait être les "Christian" ou les "David" qui seraient discriminés de la même façon sans que personne ne trouve à y redire.

Deuxième point de vue qui vient amender le premier : l'aspect juridique (selon le jusnaturalisme libertarien) : oui, mais la chaîne Gulli est maîtresse chez elle et choisit qui elle veut pour participer aux jeux qu'elle organise.

Tout le monde discrimine tout le temps : je vais chez tel commerçant plutôt que tel autre, je fréquente telles personnes plutôt que telles autres, etc. Le droit de propriété (de soi-même ou non), c'est d'abord le droit d'exclure. Interdire la discrimination, c'est porter atteinte à la propriété d'autrui.

Il y aurait exception si la chaîne s'était engagée à admettre des candidats sur des critères objectifs bien spécifiés au départ, et qu'elle n'ait pas respecté ce "contrat". Je doute que ce soit le cas.

Troisième point de vue : la chaîne n'a donc pas enfreint le principe de non agression. Fondée à exercer son légitime droit de propriété, elle a agi dans son droit (notons que s'il s'était agi d'une chaîne publique, on pourrait aboutir à des conclusions différentes, car la "propriété publique" est au mieux une notion vague, au pire une fiction masquant un vol, le "public" c'est à dire le peuple étant dans les faits complètement dépossédé au profit des fonctionnaires).

Toute intervention publique au nom de la loi ("la force injuste de la loi") pour "rectifier" la situation ou punir les protagonistes (Gulli) est donc illégitime et esclavagiste. Porter plainte est parfaitement déplacé (sauf si une agression ou la violation d'un contrat peuvent être prouvées). Il s'agit seulement de profiter de lois aberrantes pour exercer une vengeance privée ou monter en épingle et soumettre à l'opprobre générale une action qu'on désapprouve.

Cela ne veut pas dire pour autant que les gens blessés par la décision de Gulli soient sans recours. Ils peuvent toujours exprimer leur indignation à ce sujet et aller jusqu'à organiser un boycott de la chaîne (c'est-à-dire une discrimination en retour).

Voilà donc à quoi on aboutirait dans une société "normale", pas gangrenée par le paternalisme d'Etat et les idioties étatiques juspositivistes, qui instaurent la guerre civile dans la société (en inversant Clausewitz on pourrait dire que la politique est la continuation de la guerre par d'autres moyens).

Petit bémol cependant en faveur du juspositivisme : dans une société anarcho-capitaliste à la David Friedman, divers systèmes juridiques pourraient coexister, et les décisions varieraient selon le système auquel vous adhèreriez (de même qu'actuellement certaines actions constituent des délits dans un pays mais pas dans un autre). Cependant, le cas où vous et votre adversaire adhéreriez à des systèmes juridiques contradictoires pourrait se produire, et c'est là que les arguments jusnaturalistes (principe de non agression) retrouveraient à mon avis toute leur valeur, comme une base objective rationnelle, un minimum juridique exigible.

Moi, une intégriste du libertarisme ? Mais non, il s'agit juste d'une petite divagation juridique...

13.4.08

Un libertarien précurseur : Socrate

(Libre interprétation de l'auteure)

Dans le Gorgias (de Platon), Calliclès soutient contre Socrate la conception aristocratique du pouvoir et l'affirmation des instincts naturels, ce qu'on appellerait aujourd'hui le droit du plus fort. Selon lui (on pense en le lisant à Hobbes et à Nietzsche), il est moins honteux d'être un "fort" qui exerce sa puissance que d'être un faible qui la subit :
Car pour ceux qui ont eu la chance de naître fils de roi, ou que la nature a faits capables de conquérir un commandement, une tyrannie, une souveraineté, peut-il y avoir véritablement quelque chose de plus honteux et de plus funeste que la tempérance ? Tandis qu’il leur est loisible de jouir des biens de la vie sans que personne les en empêche, ils s’imposeraient eux-mêmes pour maîtres la loi, les propos, les censures de la foule ! Et comment ne seraient-ils pas malheureux du fait de cette prétendue beauté de la justice et de la tempérance, puisqu’ils ne pourraient rien donner de plus à leurs amis qu’à leurs ennemis, et cela, quand ils sont les maîtres de leur propre cité ? La vérité, que tu prétends chercher, Socrate, la voici : le luxe, l’incontinence et la liberté, quand ils sont soutenus par la force constituent la vertu et le bonheur ; le reste, toutes ces belles idées, ces conventions contraires à la nature, ne sont que niaiseries et néant.
A cela Socrate, en quelque sorte précurseur des droits de l'homme, réplique en invoquant (sans trop la préciser) une conception quasi libertarienne de la justice que lui souffle son δαίμων, la voix de sa conscience morale :
Je nie, Calliclès, que la chose la plus honteuse soit d’être souffleté injustement ou de se voir couper les membres ou la bourse [allusion aux "pickpockets" qui sévissaient déjà en ce temps-là], et je soutiens qu’il est plus honteux et plus mal de me frapper, de me mutiler injustement, moi et les miens, et que me voler, me réduire en esclavage, percer ma muraille, en un mot, commettre une injustice quelconque contre moi ou contre ce qui m’appartient est une chose plus mauvaise et plus laide pour celui qui commet l’injustice que pour moi qui en suis victime.
Il resterait encore à Socrate, comme à tous les Antiques, pour devenir un parfait libertarien, de se libérer de l'emprise holistique que la "Cité" pouvait avoir sur les esprits. Mais il y a déjà l'idée que la justice n'est pas quelque chose qui est édicté par un pouvoir. A y bien regarder, le positivisme juridique n'est pas autre chose que l'expression moderne de la loi du plus fort et de son arbitraire.

3.4.08

Droite ou gauche, peste ou choléra, surtout ne choisissez pas !


La politique fonctionne sur un ensemble de non-dits. J'ai essayé ici de réunir les non-dits de gauche et de droite. Comparez et faites-vous une opinion.

gauche

droite

L'Etat a toujours raison, sauf quand il n'est pas aux mains de la gauche.

L'Etat a toujours raison, sauf quand il n'est pas aux mains de la droite.

L'Etat sait tout et peut tout, il est infiniment riche et puissant : il suffit ensuite de mener la "bonne" politique avec les "bons" politiciens.

S'il y a des pauvres, c'est toujours la faute de la société, qui est tenue de réparer cette "injustice".

S'il y a des riches, ils peuvent participer au pouvoir, à condition de reconnaître sa légitimité et de s’y soumettre.

Le vol est normal, dès lors qu'il est mené par l'Etat : il est "normal" de voler celui qui a plus pour donner à celui qui a moins, le simple fait que quelqu'un ait moins justifie le vol, car "avoir moins" est injuste. Voler un riche est donc "normal".

Le vol est normal, dès lors qu'il est mené par l'Etat : il est "normal" de voler tout le monde, car c’est la fonction du pouvoir. Seuls ceux qui crient le plus fort ont une chance d’être épargnés. Voler un politiquement faible est donc "normal".

Les bonnes intentions justifient tout, et la fin justifie les moyens (quels qu'ils soient) : voilà pourquoi le communisme est excusable, mais pas le nazisme. Voilà pourquoi tout ce qui n'est pas "de gauche" est méprisable.

Les bonnes intentions justifient tout, et la fin justifie les moyens (quels qu'ils soient) : voilà pourquoi la dictature est excusable, mais pas le libéralisme. Voilà pourquoi on peut s’arranger entre politiciens, même avec ceux qui ne sont pas "de droite".

Le politicien doit toujours accuser ses adversaires d’être des libéraux, cela suffit à jeter le doute sur leurs intentions. La peur et la diabolisation sont les meilleurs arguments possibles.

Le politicien doit toujours s’exonérer de l’accusation de libéralisme, quitte à pratiquer une politique plus à gauche que celle de la gauche. Il faut abuser de l’épithète "social" dans les discours.

On a raison de se révolter : pourquoi compter sur son seul mérite pour améliorer son sort quand on peut utiliser à peu de frais la violence légale ou extralégale ?

On n’a pas raison de se révolter : pourquoi contester l’ordre établi plutôt que s’immiscer dans le bon groupe de pression qui saura exploiter à son profit la violence légale ?

La réalité n'est pas une contrainte, il suffit qu'elle se plie à la politique. Ainsi l'homme ne vit pas dans un monde de rareté, mais d'abondance ; la gratuité est possible, il suffit de la décréter. Et si ce n'est pas possible, il suffit de mieux redistribuer et tout ira bien dans la société.

La réalité n'est pas une contrainte, il suffit qu'elle se plie à la politique. Ainsi on peut parler du prestige de la nation même si le citoyen crève de faim, des droits de l’homme même si on est une république bananière qui les bafoue. Il suffit de décréter avec volontarisme que tout va bien pour que tout aille bien.

L'individu n'est rien, la société est tout.

Pour disposer à notre guise du droit individuel, il suffit d'invoquer l'intérêt général.

15.3.08

Retour sur l'euthanasie volontaire

Je reviens sur le sujet puisqu'il semble que ceux d'I like your style ont trouvé mes propos "niais". Leur critique est typique de ceux qui font passer l'émotion avant la raison, exactement comme le font habituellement les collectivistes. Discuter devient alors impossible. Je vais me contenter de relever leurs erreurs et leurs approximations.
Parce que voyez-vous, se battre jusqu’au bout, endurer les pires souffrances (avec une aide médicale ou sans) tenir le coup jusqu’au dernier souffle, c’est indigne. Voilà. Voilà où on en est.
Mais qui a dit le contraire ? Vous avez le droit de croire à la vertu rédemptrice de la souffrance, ou au combat acharné pour la survie, ou à tout ce que vous voudrez. Simplement n'obligez pas les autres à adopter votre croyance et à faire comme vous vous feriez à leur place (ou prétendez le faire, parce que c'est assez facile à dire quand tout va bien pour vous).

Quant à l'argument de la "dignité", j'ai relevé à plusieurs reprises qu'on peut lui faire dire ce que l'on veut, dans un sens comme dans l'autre (et les protagonistes ne s'en privent pas). Un tel argument doit être rejeté en droit en faveur du principe de non agression.
Définissez agression ?
C'est le fait de s'en prendre directement à l'intégrité physique de quelqu'un ou à sa propriété. Ce qui n'est pas le cas du suicide assisté : on n'injecte pas un produit létal au patient, c'est lui qui prend volontairement 15 grammes de natrium pentobarbital (barbiturique mortel). Le caractère volontaire de la mort est bien clair, alors qu'il deviendrait contestable s'il y avait une action potentiellement agressive de la part d'un tiers (par exemple l'injection d'un produit).

Il ne s'agit pas ici d'euthanasie active (du genre "débrancher le tuyau"), ce qui est un autre problème. Il s'agit du cas plus simple d'une décision que l'intéressé prend seul.
Ben non, il y va pas tout seul, justement. Sinon, ce serait vraiment un suicide.
Ah bon, parce que pour se suicider il faut être tout seul et n'avoir personne autour de soi, sinon ce n'est pas un suicide ? Revoyez vos classiques : la mort de Socrate, la mort de Sénèque, etc. Celui qui a fourni la ciguë à Socrate était-il un meurtrier ?
Comme cette pauvre femme atteinte d’un cancer des sinus qui me casse royalement les couilles à réclamer à partir dignement en exhibant ses tumeurs devant toutes les caméras de France, alors qu’elle peut encore se flinguer.
Là je suis d'accord, d'ailleurs elle peut aller en Suisse pour un suicide assisté comme l'a fait Maïa Simon l'an dernier. En revanche, ça montre qu'on est moins libre en France qu'en Suisse (mais ce n'est pas nouveau).
Ainsi on réclame plus de lois afin d’être plus libre vis à vis de l’Etat.
Un libertarien ne réclame jamais plus de lois, il réclame l'abolition de toutes les lois liberticides. En France, on ne sait pas faire autre chose que rajouter des lois, des exceptions, puis des exceptions aux exceptions. Et les associations qui militent pour le suicide assisté ont le tort d'entrer dans ce jeu-là.

La seule objection qu'on pourrait tenter de faire en droit contre le suicide assisté est la non assistance à personne en danger. Mais justement cet argument est rejeté par les libertariens (car il crée une obligation positive) et de plus il ne tient pas en face du consentement du patient.

Bref, la critique d'Ilys est non objective, apparemment fondée sur des motifs religieux. Elle cherche à imposer une éthique particulière sans se soucier du principe du consentement, comme le fait l'Etat ordinairement. Son éthique constitue une opinion tout à fait respectable, tant qu'elle ne prétend pas à l'universalité et ne devient pas normative. On pourrait développer une éthique de la pitié entièrement opposée, sur des motifs également religieux tout aussi respectables. Je ne le ferai pas parce que ça sort du cadre de ce blog.

Tiens, je vais faire une prédiction facile. Le prochain argument des opposants au suicide assisté sera : "vous faites la promotion d'une culture de mort". Culture de mort, il y a un moment qu'on n'a pas vu fleurir ce bel argument, du même niveau que celui des collectivistes qui parlent de "darwinisme social" au sujet du libéralisme.

11.3.08

Le droit à l'euthanasie : un droit fondamental

On rigole bien sur ce blog, mais aujourd'hui on va parler de choses sérieuses. Certains pusillanimes (pas vous, lecteurs habituels) diraient qu'il s'agit de sujets tristes, lugubres ou affreux, mais pas moi. En tous cas, ça change un peu des idioties de la Sécurité sociale esclavagiste, même si ce n'est pas sans rapport avec elle d'un point de vue philosophique.

Donc attention : ici article sérieux ! On vous aura averti.

J'ai reçu chez moi le numéro de la semaine dernière de Valeurs Actuelles - exemplaire qu'ils m'envoient gracieusement tous les six mois dans l'espoir que je m'abonne, mais rien à faire, malgré la qualité de la revue, ils ont encore des progrès à faire en libertarisme pour que mon porte-monnaie vote pour eux.

Il y a dans ce numéro un article intitulé "Suicide assisté, la polémique suisse". Un sujet pas particulièrement gai que j'avais évoqué en septembre dernier. On y parle de cette association suisse "Dignitas" qui aide au suicide (le suicide assisté est légal en Suisse). L'association a été fondée en 1998 par un avocat zurichois, Ludwig Minelli.

Cela soulève beaucoup d'indignation et alimente des polémiques. Les réactions des opposants m'intéressent, car elles témoignent de cette volonté d'imposer ses propres choix aux autres, matrice de l'antilibéralisme et de tous les totalitarismes.

Laissons de côté les réactions stupides des voisins de l'association qui ont obtenu son départ de Zürich : ils considéraient la présence de Dignitas près de chez eux comme une nuisance. Ils en avaient marre de voir sortir les cercueils, les pauvres chéris ; ça leur rappelait sans doute trop durement quelle est l'issue irrémédiable de cette "vallée de larmes" comme disent les chrétiens réalistes (pas les benoîts qui croient au πάντα τα καλά). "Memento mori", disait un sage, "quotidie morior" ajoutait un apôtre.

Voyons donc les autres réactions négatives.

On accuse l'association de gagner de l'argent sur le dos des morts (argument qui devrait plaire au petit franchouillard moyen qui aime bien l'argent qu'il gagne mais pas celui qui va aux autres quelle qu'en soit la raison). Mais si c'est mal, il faut alors interdire tous les métiers des pompes funèbres. Et interdire l'exercice de la médecine, qui conduit à gagner de l'argent sur le dos des malades. Et l'enseignement, qui exploite l'ignorance, etc.

"Il n'y a qu'un pas entre aider à mourir par pitié et aider à mourir pour des raisons économiques" dit un député médecin suisse qui doit être plus député que médecin (d'ailleurs ce maniaque veut interdire de fumer au volant - une telle interdiction existe déjà au Canada). On pourrait lui rétorquer que pour un médecin il n'y a qu'un pas entre soigner un malade par compassion et le soigner parce que ça rapporte de l'argent. Bien malin qui peut trouver la frontière. En éthique libertarienne, une action doit être jugée légitime en elle-même, selon sa nature, pas selon l'intention de l'acteur (peut-être impossible à connaître).

Un "philosophe", "spécialiste d'éthique", déclare que "suicider quelqu'un, c'est commettre un meurtre". Or l'association Dignitas ne "suicide pas", elle assiste ; c'est l'intéressé qui va tout seul jusqu'au bout de sa décision.

Vraiment, la légèreté, si ce n'est l'imbécilité, des objections soulevées par les moralisateurs bien-portants est insoutenable face à la gravité du problème et à la souffrance réelle des personnes.

C'est l'occasion pour moi de revenir obstinément sur les principes libertariens : toute action qui n'agresse pas autrui est légitime, et toute personne qui s'y oppose par la force est esclavagiste. En termes libertariens pédants : la propriété de soi-même légitimant toute action qui ne nuit pas à autrui ni à sa propriété, la protection de l'exercice de l’autonomie prend le pas sur toute autre considération, y compris la protection de la possession continue de l’autonomie morale. Le suicide, assisté ou non, est donc légitime.

Voyez un peu ce qu'en dit dans l'article de V.A. ce philosophe, spécialiste des tiques (il se pique en tous cas de l'être) : "se suicider est une liberté à la fois sauvage et autodestructrice qui ne dépend d'aucun droit". Une "liberté sauvage", qu'est-ce que c'est ? De quel droit ce monsieur porte-t-il un tel jugement ? Ne serait-ce pas lui, le sauvage, qui veut empêcher les gens d'agir comme ils l'entendent ?

Le consentement est bien sûr la pierre de touche pour juger de la validité d'un comportement.

Concernant le candidat au suicide, il est évident que son consentement doit être acquis, vérifié, authentifié de toutes les manières possibles. Dignitas écarte d'ailleurs les simples dépressifs et aide principalement ceux qui sont atteints de maladies incurables ou qui souffrent physiquement atrocement.

Une fois le consentement établi, on ne peut condamner ni celui qui agit, ni ceux qui l'aident dans sa détermination.

Dignitas retourne contre ceux qui l'emploient d'ordinaire abusivement le vieil argument très discutable, d'origine kantienne, de la "dignité humaine", qui est souvent le prétexte du paternalisme étatique. Vous savez, cette "dignité humaine" qui interdit le lancer de nains, la prostitution, la notation des profs par les élèves, la pornographie, le sadomasochisme, la consommation de drogue, et bientôt de tabac et d'alcool... On peut tirer tout ce qu'on veut de la "dignité humaine", y compris la solidarité obligatoire et la Sécurité sociale vampirisante.

Pierre Manent, libéral mou, a publié récemment un "Cours familier de philosophie politique" chez Gallimard. Dans l'avant-dernier chapitre, "l'empire de la morale", il distingue deux types de morales universelles (après avoir écarté la charité, idée qu'il juge trop chrétienne et pas assez universaliste) : la morale de la pitié, et la morale de la dignité, qu'il semble préférer. L'avantage (ou l'inconvénient) de cette dernière est qu'on peut l'accommoder à toutes les sauces. Pourtant Manent cite la définition bien connue de Kant : "L'humanité elle-même est une dignité ; car l'homme ne peut être utilisé par aucun homme simplement comme moyen, mais il faut toujours qu'il le soit en même temps comme une fin, et c'est en cela précisément que consiste sa dignité". Cela rejoint de mon point de vue le principe de non agression libertarien : le consentement de l'autre (verbal ou contractuel) m'assure que je ne le traite pas comme un moyen, que je respecte sa dignité. C'est l'inverse du collectivisme, qui ne reconnaît aucune dignité à l'individu.

Le sujet de l'euthanasie volontaire fait souvent l'actualité. Après l'affaire Vincent Humbert, vous avez entendu parler de cette malade défigurée, Chantal Sébire, qui demande le droit de mourir. Dans son dernier livre, Le divorce français : Le peuple contre les élites, François de Closets consacre un gros chapitre à cet état français qui empêche les gens de vivre et aussi de mourir.

Si l'Etat commençait à s'occuper de son vrai "corps de métier", faute de mieux, avant de promouvoir une morale hasardeuse, on verrait dans ce pays autre chose que des loques assistées. Mais il ne veut pas nous lâcher, jusque dans la mort !

9.2.08

L'imposture des "conquêtes sociales"

A faire lire à tous les gogos de gauche et à tous les ultraconservateurs soviétiques de droite...

En 1945, un gouvernement non élu, dont les membres sont, d'un côté, des démocrates sociaux ou des démocrates-chrétiens, et, de l'autre, des communistes, parvient à imposer au peuple certaines ordonnances [les ordonnances d'octobre 1945 qui créent la SS].

En 1946, la Sécurité sociale réunit les suffrages d'opinions par ailleurs diamétralement opposées, à savoir, d'un côté, les susdits "démocrates", chrétiens ou sociaux, et de l'autre les communistes. Les thèses de la protection contre "l'inhumanité du droit", les "abus de pouvoir des capitalistes", contre "les échecs du marché", et l'argument du caractère "injuste" ou "inefficace" des activités de protection ciblées sur les risques sociaux, toutes ces rationalisations, intenables, à peine formulées, et par des rivaux politiques de surcroît, conspirent pour imposer une masse jamais vue d'obligations légales à des individus discriminés et dépouillés pour une part substantielle et croissante du fruit de leur effort.

Tout ce monde-là se met d'accord pour dépouiller le salarié, pour le priver de sa liberté, à condition qu'on lui présente la chose comme un "cadeau" arraché au patron : c'est ce qu'on appelle une "conquête sociale" (...) : conquête que la caste exploiteuse au pouvoir fait sur la société. Il est tout à fait légitime que Laroque
[le "père" de la sinistre SS] voie les choses comme une "conquête" de son point de vue, puisque cette caste exploiteuse, il en fait éminemment partie. Les procédés d'illusion fiscale mis en œuvre ici sont :
  • la violence indirecte : les prétendues "cotisations sociales" sont en fait volées au salarié, mais dans le bureau du patron. Et certains salariés d'applaudir ce vol, dont ils ne savent pas que ce sont eux les victimes. Bien fait pour eux !
  • la violence masquée : le voleur de l'état se cache derrière le patron. Si l'employé se plaint d'être mal payé, il accusera le patron d'être l'exploiteur, alors que sans les taxes [charges dites "sociales"] que l'état impose sur les salaires, l'employé gagnerait presque deux fois plus.
  • la discrimination ostensible et corruptrice, qui fait mine de s'en prendre à une minorité (réputée riche, de préférence) et cherche à faire des autres les complices de cette injustice en leur donnant à penser qu'ils en profitent, pour les désarmer moralement.
  • l'amalgame entre le service authentique (l'assurance) et le vol (l'impôt-subvention), dans des conditions (le monopole) qui empêchent les entrepreneurs honnêtes de faire la preuve qu'on n'a pas du tout besoin du vol pour que le service soit fourni. La sécurité sociale en est un exemple parfait, la plupart des gens s'imaginant obtenir de la redistribution politique socialiste les services qu'ils doivent en fait à une forme dégradée d'assurance mutuelle.
Extrait de La Sécurité sociale et comment s'en sortir, de Georges Lane, pages 201, 202.

Comment appelle-t-on un prétendu service public qui vit essentiellement d'argent volé ? Un monopole communiste (le livre rappelle que le terme est de Gustave de Molinari - "De la production de la sécurité", 1849).

16.1.08

Ce qui nous sépare des libéraux conservateurs

Un petit article sérieux pour faire le point sur certaines questions idéologiques...

Les libertariens partagent un certain nombre de points de vue avec les libéraux conservateurs, notamment dans le domaine économique et social.

En revanche, certains sujets posent sérieusement problème. J'en vois au moins deux, que je vais aborder de front. Les libs-cons ne doivent pas se sentir provoqués, au contraire je leur suggère d'ajouter des commentaires s'ils en ont envie.

1) Les libertariens sont anti-nationalistes. Ils ne nient pas qu'il puisse y avoir quelque chose qui s'appelle un "sentiment national", mais ils le ramènent justement à ce qu'il est : un sentiment. La "nation" ne devrait jamais être un prétexte à coercition.

Je vois le nationalisme comme la menace la plus sérieuse aujourd'hui, tant à droite qu'à gauche, et surtout quand il n'ose pas dire son nom (personne ne se reconnaît volontiers fasciste, xénophobe forcené ou "souchien" anti-étrangers).

Le nationalisme s'exprime dans le stupide "patriotisme économique", dans le protectionnisme à l'égard des salzétrangers sous-payés qui détruisent nos emplois et nous vendent leur camelote moins cher que nos bons produits bien de chez nous (que personne n'achète), dans la laïcité intolérante, dans le combat contre l'immigration clandestine ou une prétendue "invasion étrangère", etc.

Dans le pire des cas, on aboutit à la guerre (tu es pour la guerre en Irak ? Va en Irak te battre si tu veux, mais n'oblige pas les autres à y aller ou à payer pour ceux qui y vont).

Personne n'est propriétaire de "son" pays, il n'en est propriétaire que d'une portion infime. N'importe qui, étranger ou autochtone, devrait pouvoir faire ce qu'il veut tant qu'il respecte la liberté et la propriété d'autrui.

Les jacobins anticommunautaristes, nombreux en France à droite et à gauche, ne sont pas des libéraux ! Ils sont prêts à vous réduire en esclavage au nom de leur idée de la "république", de la "cohésion sociale", de la laïcité et autres concepts fumeux.

Se sentir Français(e), d'accord ; vouloir préserver je ne sais quelle "identité française", ça risque bien d'être le présage d'une agression nationaliste contre les libertés. Il n'y a pas d'identité nationale, il y a que des Français qui peuvent avoir des choses en commun, et je ne vois pas en quoi un étranger peut menacer ce sentiment commun, qui n'est qu'une abstraction.

2) Les libertariens sont contre le paternalisme d'Etat qui s'exprime dans le principe de précaution, dans la bien-pensance médiatique ou politique, ou dans les combats stupides contre la drogue, la pornographie, la prostitution, la tabagie, l'obésité, la diffamation, etc. Personne n'a le droit d'imposer un point de vue moral à ceux qui ne le partagent pas. La limite, la seule, est la propriété de soi-même (formule libertarienne pompeuse pour dire "liberté et propriété").

Chacun a le droit de faire des choix de vie différents de son voisin, et d'en payer le prix le cas échéant. Prétendre savoir mieux qu'autrui ce qui est bon pour autrui est d'une arrogance insensée, typiquement politicienne, qui commence avec la dictature molle pour culminer dans le totalitarisme dur.

3) L'Etat-providence, produit final de l'antilibéralisme, est par nature nationaliste et paternaliste.

Nationaliste, parce que pour lui l'étranger est un ennemi qui vient manger dans notre petite gamelle redistributive, ou pire, vole des parts de marché à "nos" bonnes entreprises qui font travailler "nos" bons citoyens nationaux.

Paternaliste, car il tend à imposer un point de vue moral unique : puisque tout le monde paye pour tout le monde, les déviants (fumeurs, drogués, clandestins, exilés fiscaux, hors-Sécu...) ne peuvent être tolérés. Les choix de vie ne peuvent plus être une affaire personnelle, puisque la Sécurité sociale veut nous prendre en charge du berceau à la tombe. Il n'y a plus de responsabilité personnelle, mais une vague responsabilité collective, gérée arbitrairement par les fonctionnaires.

Ainsi, l'Etat-providence actuel s'oppose systématiquement à la liberté personnelle, incompatible avec le collectivisme qu'il met en oeuvre. Tant qu'il ne sera pas détruit, la démocratie totalitaire actuelle perdurera, pour le malheur de tous, sauf de ses parasites et des démagogues au pouvoir.

5.1.08

Libertariens sur Cozop, mode d'emploi

Voici le mode d'emploi pour que votre blog figure dans le journal libertarien de Cozop.

D'abord, s'enregistrer en indiquant son e-mail, choisissant un mot de passe, acceptant les conditions générales, puis ENREGISTRER.

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Si ça ne marche pas (le site est encore très rudimentaire et incomplet), envoyez-moi un e-mail et je rattacherai votre blog au journal Libertariens.

20.9.07

Euthanasie et illibéralisme ordinaire

En France l'euthanasie active à la demande du patient est interdite. L'euthanasie passive est tolérée depuis la loi Léonetti.

Ceux qui, en fin de vie, souhaitent un suicide médicalement assisté sont donc obligés d'aller à l'étranger, par exemple en Suisse. Le cas du jour est celui de la comédienne Maïa Simon, dont il faut saluer le courage et la détermination. Cet exemple douloureux nous rappelle que la "dignité humaine", c'est une affaire individuelle, et non pas ce qu'en disent les bien-pensants, les moralistes subventionnés ou l'état paternaliste, toujours prêts à vous dire ce que vous devez penser.
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Pour un libéral, il n'y a pas besoin de loi sur ce sujet (comme sur beaucoup d'autres). Il n'y a qu'un seul critère, celui du consentement. Est légitime tout ce qui est consenti et qui ne lèse pas autrui dans son corps ou sa propriété.

Hélas, ce serait trop simple pour cette démocratie bananière prétotalitaire qu'est la France, ou les individus sont considérés comme des vaches à traire dépourvues de cervelle (juste assez pour manger l'herbe et rentrer à l'étable pour la traite). Comme le rappelle Me Jean Paillot, vice-président du Centre Français pour la Justice et les Droits Fondamentaux de la personne :
En droit pénal, la volonté ou le consentement de la victime ne sont jamais des faits justificatifs : autrement dit, la volonté ou le consentement de la victime ne sont jamais pris en compte pour déterminer si une infraction est ou non constituée. Ainsi, il ne suffit pas qu’un patient réclame la mort pour qu’il soit possible de la lui donner. Tout au plus la demande pressante d’un patient, si elle est suivie d’effet, pourra justifier, selon les cas, des circonstances atténuantes. Un médecin ou un infirmier peuvent cependant parfaitement être poursuivis à raison d’un acte euthanasique, quand bien même la demande en aurait été effectuée préalablement par le malade ou le mourant.
Aider un patient à se suicider pourra également, selon les cas, faire l’objet de sanctions pénales.
L'Etat-Moloch ne vous donne pas plus la permission de mourir que celle de ne pas payer d'impôts ou de quitter la sinistre SS. C'est tout juste si le suicide est toléré. On ne vous consultera (à vos frais) que pour tout ce qui est sans intérêt pour vous, comme les élections, en vue du partage du butin électoral, forme moderne du pillage.

Et ensuite vous vous étonnerez que nous, anarcho-capitalistes, confrontés à des lois injustes et liberticides, souhaitions la privatisation de la justice et le libre choix du système juridique que nous entendons respecter ?

4.3.07

Non à la justice de classes !

Dans nos sociétés social-démocrates, il y a au moins deux classes distinctes, pour simplifier : la classe productive, et la classe prédatrice, qui vit de la précédente. La seconde ne rend pas de services à la première, elle profite seulement de ses privilèges légaux (politiques, sociaux, syndicaux) pour l'exploiter. Elle vit des impôts et des cotisations sociales en prétendant rendre service au payeur aveugle qu'est le contribuable ou l'assujetti, qui s'organiserait autrement s'il avait le choix.

Qu'est-ce qu'une justice de classes ? Une justice qui, en privilégiant une partie de la société aux dépens d'une autre, contrevient à sa mission, qui est de rendre la justice de façon impartiale.

Cette justice est donc partie prenante de la lutte des classes, soit qu'elle applique sans discernement les lois liberticides inventées par les politiciens, soit qu'elle refuse d'appliquer les rares lois qui donnent davantage de libertés aux citoyens.

C'est le cas en matière de sécurité sociale : les tribunaux refusent d'appliquer la loi. Ils préfèrent obéir au pouvoir en place plutôt que de respecter le droit des gens. Au moins, on ne peut pas dire qu'ils ne sont pas reconnaissants envers la main qui les nourrit ! La dépendance de la justice est une des nombreuses preuves de l'absence d'état de droit dans ce pays.

Les indépendants qui quittent la SS sont donc voués au parcours du combattant : huissier, puis TASS, puis cour d'appel, puis cour de cassation, cette dernière pour les plus courageux (quelques-uns sont parvenus à ce stade). L'étape ultime, une fois tous les recours nationaux épuisés, sera la Cour de justice des Communautés européennes, ou à la rigueur la Cour européenne des droits de l'homme.

Cela permettra d'établir une jurisprudence dans laquelle tout le monde pourra s'engouffrer. Les magistrats s'en fichent : ils ne sont pas responsables quelles que soient leurs décisions. Les politiciens s'en fichent : ceux d'aujourd'hui ne seront plus là, et la classe politique aura gagné quelques années de tranquillité avant que le ciel lui tombe sur la tête. Comme pour la dette.

Les esclavagistes ne demandent qu'à vivre sur notre dos en profitant le plus longtemps possible de notre impuissance actuelle. Pour asseoir leur domination illégitime, ils n'ont d'autre arme que de reculer au maximum l'échéance, ce que la loi du plus fort leur permet pour le moment. Après nous, le déluge ! Le chien crevé au fil de l'eau que dénonçait déjà André Tardieu en 1921 sera passé bien tranquillement, après avoir quitté le marais du status quo. On peut dire qu'ils l'auront méritée, nos chers politiciens, leur entrée dans les poubelles de l'Histoire !

8.2.07

Le dentiste est un égoïste

C'est une accusation autant stupide que banale : ceux qui quitteraient la SS seraient des égoïstes, puisqu'ils refusent de mettre leur cote-part dans le TSF (Trou sans Fond) collectiviste.

J'ai déjà répondu en son temps à de telles insinuations : Quelle égoïste je suis....

Faraj Chemsi, traité de "dentiste égoïste" par un contradicteur, y répond à sa façon dans les colonnes de Paris-Normandie :

Le "dentiste égoïste" que je suis censé être (lire Paris-Normandie du 18 janvier), considère la réaction de M. André Boyer ainsi que celle de nombreux Français, comme tout à fait normale.

Elle est due à 60 ans de pensée unique et au maintien de certains mensonges étatiques. Le monopole de la Sécu a créé une dérive des cotisations devenue insupportable même pour le smicard. Ainsi, 21,5% de votre salaire brut, fruit de votre travail, sont déduits en cotisations d'assurance maladie, CSG, CRDS. Pour un salaire médian de 1830 € brut, on peut économiser 3461 € par an ! Quand on pense que certains bas salaires ne permettent pas de se loger, ou de cotiser à une mutuelle et laissent 55% de leur revenu en charges sociales ! Rendre leur argent aux Français comme les lois françaises le permettent serait une belle mesure sociale.

Pour l'action sociale de la Sécu, grosse erreur, la solidarité est financée par l'Etat via l'impôt, les conseils généraux. Notre cher Héricourtain devrait se documenter un peu sur le niveau de remboursement des systèmes sociaux des pays européens. Le niveau français est le plus bas.

Autre volet social : les fermetures journalières d'usines, de PME dans notre pays, pour cause de charges sociales trop élevées face à la mondialisation, jetant par centaines des chômeurs dans la rue. Nos PME alourdies par ces mêmes charges ne peuvent s'agrandir, embaucher pour pouvoir exporter ; résultat, un déficit de la balance commerciale record[...].

Mon égoïsme m'interdit d'endetter mes enfants, la Sécu française possède un déficit cumulé de 140 milliards d'euros [...].

Vous vous faites soigner chez des praticiens les moins chers d'Europe, pour ma spécialité nous sommes 2,7 fois moins cher que dans des pays économiquement comparables. Alors cesser de taper sur les professions médicales, elles quittent le navire France, dans peu de temps vous aurez du mal à trouver un chirurgien ou un anesthésiste, ne parlons pas des secteurs médicaux déjà sinistrés [...].

J'ai tous les jours les preuves des dégâts de notre système de sécurité sociale [...]. Au lieu de faire du social avec l'argent des autres, il serait préférable aujourd'hui de faire du social en rendant leur argent aux Français.


13.5.06

Dialogue avec un collègue de travail altercomprenant

La conversation porte sur les conditions de travail, les syndicats, les patrons... Et là, ça s’oriente vers l’altercomprenite aiguë pathologique bien française.

L’altercomprenant (péremptoire)
De toute façon, on est tous exploités par notre employeur !

Laure (jouant les naïves)
Pourquoi ? Il nous paye à la fin du mois, non ?

L’altercomprenant
Oui, mais tu penses bien que s’il peut nous payer ce qu’il nous paye, c’est qu’il gagne bien davantage sur notre dos. C’est pour ça que je dis qu’il nous exploite.

(oh oh, mais c’est pratiquement son catéchisme marxiste qu’il nous récite là : théorie de la plus-value, de la valeur-travail, du pauvre prolétaire qui-n’a-que-sa-force-de-travail-pour-vivre, etc.)

Laure (interrogative)
Mais qu’est-ce qui nous empêche de mettre fin à cette exploitation en démissionnant ? On est pas obligés de travailler pour lui, si on pense qu’il nous exploite, non ? Et il y a des gens qui font le même travail que nous et qui ne sont pas salariés, ils travaillent en indépendants. Si un client est trop casse-pied ou trop radin, ils le laissent tomber.

L’altercomprenant (se récriant)
Tu n’y penses pas ? Moi, j’ai besoin de travailler pour vivre, et c’est pareil pour tous les salariés que je connais. Et je n’ai pas envie de devenir indépendant, c’est trop précaire. Comme tous les patrons savent ça, ils en profitent pour nous exploiter.

Laure (psychologue)
En somme, si je comprends bien, tu reportes ton problème personnel sur le patron : au lieu de reconnaître que tu as choisi ton statut de salarié, avec les avantages et les inconvénients que ça peut comporter, tu préfères dire que le patron t’exploite. Un peu facile, non ?

L’altercomprenant (avec un petit haut-le-corps)
Alors là, c’est moi qui ne comprends plus. Pourquoi ce serait de ma faute, à moi ?

Laure (pédagogue)
Tu dis que tu as besoin de travailler pour vivre (en passant, c’est le cas aussi pour notre patron, sinon il ne viendrait pas se faire ch*** tous les jours dans ce bureau, mais bon). Est-ce que c’est la faute du patron si tu n’as pas gagné au loto ? (c’est pas faute d’essayer, pauvre crétin, tu passes assez de temps tous les jours absorbé dans tes jeux de hasard à décider comment et combien l’Etat va encore te voler par ce biais).

L’altercomprenant (un peu perdu)
Ben alors, c’est la faute à qui ?

Laure
Le patron ne t’oblige à rien, si ce n’est à respecter ton contrat de travail. Dire qu’il t’exploite, c’est nier ta propre responsabilité et déclarer que c’est lui qui est responsable de ta situation, alors qu’il n’y est pour rien, autant que je sache. Par confort et par choix, tu préfères démissionner de ta responsabilité personnelle, plutôt que démissionner de ton travail !

L’altercomprenant
Mais si je démissionne, je me ferai exploiter ailleurs, par un autre patron. Qu’est-ce que ça change pour moi ?

Laure
L’exploitation, c’est comme l’esclavage : c’est lorsque quelqu’un d’autre nous oblige à faire ce qu’on ne voudrait pas faire de notre plein gré. Qui t’a obligé un jour à signer un contrat de travail ?

L’altercomprenant
Personne. Mais il faut bien vivre !

Laure
Etre obligé de travailler pour vivre n’entraîne pas que la société soit obligée de nous fournir un travail. D’un côté, tu affirmes que tu as besoin de travailler ; d’un autre côté, tu critiques ceux qui proposent des emplois - et que personne ne force à faire ça. Mais pourquoi proposeraient-ils des emplois s’ils n’y trouvaient pas leur compte, à la fin ? Juste pour te faire plaisir ?

L’altercomprenant (bafouillant)
Disons que je pense que je ne gagne pas autant que je pourrais gagner si, dans un monde idéal, les patrons n’existaient pas...

Laure
C’est sûr qu’avec toutes les cotisations et charges que l’Etat prélève sur ton salaire, tu es forcément sous-payé, et moi aussi. Et là, tu n’as pas le choix, l’esclavage, c’est bien là qu’il se trouve, et pas ailleurs. Et il est impossible que les patrons n’existent pas, car même dans ce cas, eh bien tu serais ton propre patron, bien obligé de l’être !

L’altercomprenant (à bout d’arguments)
Reconnais quand même qu’être salarié, c’est pas le Pérou. Patron, c’est quand même être du bon côté du manche. La vie est injuste.


Laure
Ton point de vue, c’est le point de vue limité du salarié qui voit tout à travers sa petite lorgnette, et qui croit que les objectifs du salarié et du patron sont forcément irréconciliables. Si c’était le cas, si être salarié était un esclavage, chacun ici-bas serait à son propre compte, personne ne voudrait être salarié. Comme ce n’est pas le cas, il faut donc croire que le statut de salarié convient à pas mal de gens.

L’altercomprenant (boudeur)
Ah bon, alors si toi aussi tu es pour les patrons... (long silence). Tu ne serais pas un peu ultra-libérale sur les bords ? Pourtant je ne t’ai jamais vu lire le Figaro (organe central bien connu de l’horrible Parti Ultralibéral Français : « exploiteurs de tous les pays, unissez-vous ! »)...

Laure
Non, je suis libertarienne. Pour moi, chacun est son propre patron. J’estime que chacun devrait s’occuper de soi-même et ne pas embêter les autres en essayant de les rendre responsables de ses propres soucis, surtout quand ils n’y sont pour rien.

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Malgré ce dialogue de sourds, je crois qu’il se passera pas mal de temps avant qu’il déballe à nouveau sa mauvaise foi altercomprenante et se plaigne de son patron devant moi...
 

14.2.06

De l'égoïsme collectiviste

A lire l'article de Xavier Méra, de l'Institut Molinari, sur la Réforme du financement de la protection sociale. Ou comment la fuite en avant collectiviste nous mène à l'abîme.

Je n'ai même pas besoin de sortir de chez moi pour constater les dégâts du collectivisme. Deux exemples entre mille :
  • dans l'immeuble où j'habite, il y a un compteur d'eau général pour tout l'immeuble, mais pas de compteur individuel. Résultat : certains prennent des bains plusieurs fois par jour sans se soucier des mètres cubes gaspillés, puisque l'impact sur les charges qu'ils payent est négligeable. Ce sont les mêmes abrutinutiles gauche-caviar écolos qui viendront vous bassiner avec l'épuisement des ressources naturelles et les comportements "citoyens"...
  • toujours dans l'immeuble où j'habite, on a la malchance d'avoir une gardienne qui en fait le moins possible (travail effectif : quelques heures par semaine alors qu'elle est payée à plein temps), en invoquant la convention collective et en ayant recours à tout bout de champ à son syndicat. Les lettres d'avertissement du syndic n'y ont rien fait : Madame est logée et entend bénéficier de tous les avantages qu'a un salarié en France, mais sans travailler effectivement. La copropriété n'ose pas la licencier par trouille des prudhommes. Avec son égoïsme syndical, notre gardienne oeuvre en fait pour la disparition de sa profession : il est clair que si elle part, elle ne sera pas remplacée (il y a des entreprises de nettoyage pas cher, idem pour la distribution du courrier, et pour ce qui est du gardiennage, c'est une fonction inutile, elle le démontre abondamment en étant absente la plupart du temps). Actuellement Madame est en congé maternité, pour grossesse pathologique - ce que font la plupart des femmes enceintes (et qui leur fait gagner quelques mois de congé gratis sur le dos de la collectivité). C'est très facile à obtenir, il suffit de le demander au médecin : "on m'a dit qu'avec la Sécu j'y avais droit, alors je l'ai demandé au docteur".
Comme Xavier Méra l'explique, avec la sinistre SS chacun essaye de faire supporter les coûts de ses choix aux autres alors qu'il empoche seul les gains. Autrement dit, tout le monde étant obligé de cotiser, chacun est incité à taper dans la caisse au maximum. C'est la raison pour laquelle le déficit de la sinistre SS n'est pas un épiphénomène, mais qu'il est inscrit dans le système, par construction. C'est aussi pour cela qu'une telle entreprise de démolition, contre-nature et nihiliste dans son essence, est condamnée à disparaître, le plus tôt étant le mieux.
 

25.1.06

De l'incohérence des libéraux-conservateurs

Un exemple entre mille, ou entre des millions, dans cet article de Valeurs actuelles, la tribune de Sophie de Menthon : "Urssaf et harcèlement". On critique à juste titre l'URSS-annexe-française : "L’Urssaf a tous les droits", mais on se garde bien de remettre en cause sa légitimité. Il faudrait savoir : vous tolérez l'Urssaf, ou pas ? Si vous admettez qu'un tel monstre a le droit de s'immiscer dans la vie des entreprises, ne venez pas après vous plaindre des "abus de droit" qui sont de son fait. Le point qui vous échappe est que nul n'a le droit de s'immiscer dans la vie des entreprises (comme des particuliers), si ce n'est les propriétaires eux-mêmes.

Un autre exemple, la dissidence blanche de Christian Combaz. Un manifeste pas très clair. Que veut-il ? De nouvelles interdictions sans doute. Non aux jeux vidéo violents, non aux trafics d'armes, etc. Pour d'autres lib-cons ce sera non aux musulmans, non à l'immigration, non à l'arrivée des produits made in China, etc. Ainsi les lib-cons renforcent-ils l'emprise du pouvoir, tout en se plaignant très souvent des débordements de ce même pouvoir.

C'est ce que je reproche aux lib-cons (que j'aime bien par ailleurs) : à tout instant, ils sont conscients des libertés rognées par le pouvoir, mais ils n'osent pas remettre en cause ce pouvoir, qui pour eux reste légitime. Ils critiquent certaines de ses actions, mais en réclament d'autres. Ils ne se rendent pas compte de l'incompatibilité entre démocratie et libéralisme : la démocratie n'est qu'une forme de dictature, celle d'une majorité, alors que le libéralisme est le respect absolu de la minorité et de l'individu, ce qui interdit au pouvoir exécutif tout interventionnisme et le cantonne à sa seule fonction utile : le respect du droit de l'individu, qui peut être assuré par un état ultraminimal (minarchisme) ou des agences privées (anarcho-capitalisme).
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Hier j'ai pu entendre quelques bribes de l'émission radio de mon lib-con préféré, Claude Reichman (récemment qualifié d'homme d'extrême-droite par les ignorants de RMC). Toujours la fin du monopole de la sinistre SS et l'attitude des politichiens : "C'est une honte démocratique. Mais dans les faits, les gens se libèrent, et les caisses commencent à se faire beaucoup de souci". Jean-Christophe Mounicq (qui aime bien taper sur les fonctionnaires, c'est son moindre défaut) souligne l'ambiguité des libéraux, et des "Cercles libéraux" (ainsi appelés parce qu'ils tournent en rond) qui proposent dans des colloques mille remèdes pour soigner la Sécu, mais omettent de parler de la fin du monopole. A côté d'informations plutôt douteuses (le Pen à 30% d'après les RG, la forte probabilité d'une élection présidentielle anticipée en 2006...) j'ai bien aimé le qualificatif de "chevalier du Déclin" appliqué à Chirak par un invité de Reichman... Il faudra décidément que j'écoute cette émission plus souvent, en oubliant qu'à Radio-Courtoisie il n'y a pas que des libéraux qui s'expriment, hélas.

Pour en revenir aux lib-cons, je leur reproche d'avoir tiré le libéralisme vers l'atlantisme et vers le conservatisme, et souvent vers le nationalisme, et vers la droite, alors que le libéralisme n'est ni de droite ni de gauche, il les renvoie dos à dos. En revanche, ceux qui, au lieu de vitupérer contre la décadence (vieux thème droitier), ont choisi d'agir concrètement, tel Claude Reichman, ont droit à tout mon respect.
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Cela n'a rien à voir avec ce qui précède, mais je viens de me rendre compte que les alter-comprenants d'Indymedia ont récupéré ma prose subversive : La Faillite, nous voilà. Bravo et merci à eux. Allez, encore un effort, jeunes gens ! Vous allez finir par comprendre que l'Etat n'est pas la solution, mais bien le problème !